L'information d'ordre statistique irrigue la société contemporaine de part en part, et lui donne sa propre inflexion. Il suffit de feuilleter le journal pour voir qu'elle se trouve dans chacune de ses sections : l'économie bien sûr ; la politique aussi avec les sondages ou le souci d'efficacité mesurée par des objectifs quantitatifs ; l'éducation, qui engendre non seulement des notes, mais aussi de très nombreuses enquêtes ; la santé, qui pose des questions de politique publique ; les affaires étrangères qui ont besoin de chiffres pour mettre en évidence les rapports de force entre États ; et même la culture que l'on pourrait croire rétive à la quantification, qui est pénétrée partout par des équivalents de l'audimat. D'une façon ou d'une autre, et de manière plus ou moins explicite, les statistiques sous toutes leurs formes participent au débat public.

La revue Statistique et Société, une revue de la Société Française de Statistique, se donne pour objectif de mettre en évidence les effets propres de ces quantités. Nous faisons le pari que l'on comprend mieux notre actualité si on l'envisage depuis ce point de vue, crucial mais pourtant souvent laissé dans l'ombre.

Pour cela, ce sont moins d'explications techniques dont il est besoin, que de présentation des usages qu'en font les acteurs, des conditions dans lesquelles ils les utilisent et des objectifs qu'ils visent en les construisant. Nous présenterons toujours les statistiques dans leur milieu naturel, dans leur écologie. Au moyen d'articles courts - 4 pages à peu près -, vivants et richement illustrés, et écrits par de bons connaisseurs du domaine, nous exposerons pourquoi dans tel débat, les adversaires peuvent s'opposer des données contradictoires ; nous reviendrons sur l'histoire toujours contingente de tel chiffre qui semble s'imposer sans discussion ; nous esquisserons le portrait des hommes publics qui ont reconnu l'importance des quantités, et bien plus encore... 

La revue Statistique et Société, c'est une nouvelle façon d'envisager la statistique et donc une nouvelle façon de comprendre la société.